Nous avons fait le choix de parler à un professionnel de l’hôtellerie, qui, mieux que nous, saura évoquer la manière dont il œuvre pour relancer ses établissements : Maxime des Monstiers, dirigeant de Catella Hospitality.

 

Tout d’abord, présentez-vous ?

Maxime des Monstiers, heureux papa de 3 enfants, depuis toujours passionné par les voyages, les hôtels et la restauration. Après des études à l’Ecole Hôtelière de Lausanne, j’ai toujours travaillé à la direction des opérations avec des portefeuilles multisites que ce soit dans l’hôtellerie, la restauration ou les centres d’affaires.

J’ai notamment été en charge de l’asset management chez « Schroders Real Estate Hotels » (ex Algonquin) avec la responsabilité d’un portefeuille d’environ 25 hôtels indépendants ou sous franchises. En 2019, nous avons, avec mes associés, créé « Catella Hospitality Europe », une structure spécialisée dans l’investissement et l’asset management d’hôtels à travers l’Europe, nous gérons actuellement plus de 300M€ d’actifs hôteliers dont notamment notre dernière acquisition le Holiday Inn de la Porte de Clichy (plus gros Holiday inn de France).

 

Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?

Nous venons de passer une année folle et triste… perte de repères, changement des comportements, libertés entravées. Je suis tenté de penser que le pire est derrière nous, mais je reste troublé par le manque de visibilité sur le tempo de la reprise.

 

Selon vous, quels seront les facteurs de succès dans le cadre de la relance ? et Pourquoi ?

Nous allons devoir adapter nos produits et nos services aux nouvelles attentes de nos clients. L’année écoulée a bousculé fortement les habitudes des consommateurs et je ne crois pas un instant que nous reviendrons à notre petit « train-train » des années passées… Nous n’avons pas d’autres choix que de revoir drastiquement la manière dont nous gérions nos exploitations, cela passe par nos prix, les conditions tarifaires, les interactions humaines mais également renouveler profondément notre offre – Il nous faudra continuer à surprendre nos clients, leur proposer des expériences !

 

De manière concrète que mettez-vous en place ?

Dans l’immédiat, nous ajustons le plus possible notre base de coûts opérationnels et à ce titre nous avons sollicité tous nos partenaires, fournisseurs afin de limiter au maximum notre consommation de trésorerie. Nous devons également revoir notre organisation opérationnelle et cela passe malheureusement par les départs de certains collaborateurs.

En parallèle nous travaillons bien évidemment à notre hôtel de demain :  services, coûts opérationnels, technologie, modularité des espaces et RSE. La période actuelle, si nous avons un peu de visibilité, doit nous permettre de rénover, repositionner nos hôtels afin d’être dans les meilleures dispositions pour la reprise.

 

Comment le gouvernement peut-il être facilitateur pour maintenir la position de la France en tant que 1ère destination touristique mondiale ?

Les Alpes, la French Riviera, la Tour Eiffel ou bien encore nos vignobles ne sont pas délocalisables…nous avons de l’or dans les mains mais nous devons absolument relancer la machine et consolider les bases. La France est certes la 1ere destination mondiale, mais certains pays comme l’Espagne gagnent chaque année des parts de marché. Cela passe à mon sens par l’image que la France renvoie à l’étranger, les évènements passés (attentats, grèves et gilets jaunes) tout comme l’insécurité parfois ressentie par les touristes nous ont fait du mal. Par ailleurs, nous devons moderniser nos infrastructures (aéroport) et promouvoir fortement l’image de la France à l’étranger.

 

Pensez-vous que cette crise puisse avoir une incidence sur l’orientation des jeunes vers les métiers de l’hôtellerie et de la restauration ?

Compte tenu de la conjoncture actuelle et faute de débouchés, les jeunes vont se détourner provisoirement des métiers de l’hôtellerie/restauration, mais je ne pense pas que cela durera. Je reste convaincu de la résilience de notre secteur. Nous attirons pour la grande majorité des jeunes passionnés, avec des vocations, et Covid ou pas ils resteront attirés par notre secteur.

 

Le mot de la fin

J’ai vraiment hâte de retrouver nos collaborateurs, clients et partenaires pour écrire ensemble un nouveau chapitre !