Faut-il être beau pour réussir ?
En France, les discriminations de recrutement fondées sur l’apparence physique sont interdites depuis la loi du 16 septembre 2001 au même titre que celles basées sur l’origine, le sexe ou la religion. Mais elles sont courantes dans le monde de l’entreprise. Selon une étude de l’Observatoire des discriminations, un actif sur cinq en aurait fait les frais au cours de sa vie professionnelle.
On estime à 65 % la part d’informations passant par des perceptions visuelles. Selon une étude menée par deux psychologues américains, l’impact que nous avons sur quelqu’un dépend à 55 % de notre seul visage, à 38 % de notre voix et seulement à 7 % de ce que nous disons.
Hélène Garner-Moyer, chercheuse en sciences de gestion de la diversité à l’Université Paris I, a fait le test. Elle a envoyé 700CV, dont la moitié accompagnés d’une photo disgracieuse. A compétences égales, la candidate la moins gâtée par la nature a reçu 16% de réponses positives contre 42% pour la jolie candidate.
Selon Jean-François Amadieu, directeur de l’Observatoire des discriminations, ceux qui ne répondent pas aux « canons de beauté » sont désavantagés aux portes de l’entreprise. D’après lui, les discriminations physiques débutent avant même l’entretien d’embauche, avec la demande des employeurs de présenter des CV avec photos : « Cette habitude est déjà une source de discrimination, certes parfaitement inconsciente, mais bien réelle».
Pour ne pas tomber dans le piège du « casting recrutement », il est conseillé, pour les recrutements externalisés, d’étudier la charte de déontologie du cabinet avant de collaborer avec lui.
Aujourd’hui, les esprits évoluent peu à peu, c’est pour cela que se développent les évaluations des compétences à distance, pour passer outre le physique du candidat, et juger avant tout ses qualités professionnelles. Le recrutement est ainsi moins biaisé par l’apparence.
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