Publication
31/05/2023

Salarié(e)s, osez parler d’argent !

Si cette entrée en matière gentiment provocatrice n’évoque rien du tout pour vous, alors laissez-nous vous féliciter : vous faites partie des (rares) salariés qui non seulement assument leur valeur, et qui, mieux encore, ont appris à la connaître ! Pour tous les autres, l’argent en général, et le salaire et ses négociations en particulier, restent un domaine extraordinairement sensible voire complètement tabou, quand c’est pourtant une question toujours plus essentielle en ces temps incertains d’inflation (+ 6% en 2022, un chiffre inédit en France depuis quatre décennies !), et de remises en question des revenus de la retraite.

 

L’argent, un sujet tabou en France

Et honnêtement, dans une société reposant sur la productivité des individus et la valeur marchande des biens, connaître ce que l’on veut et ce que l’on vaut devrait être une question réglée pour chacun… Or nous en sommes très loin ! Les chiffres de l’édition 2023 du baromètre Ipsos « travail et argent » en sont une illustration édifiante. Les questions posées y traitent de la relation des Français à l’argent : Notre capacité à en parler, nos représentations de l’argent, nos pratiques d’épargne, de gestion, d’investissement et …. de négociation de salaire.

 

S’il en ressort, et c’est une bonne nouvelle pour un pays n’ayant ouvert la bourse aux femmes qu’en 1967 (!), que les deux sexes maîtrisent leur situation financière et l’état de leur patrimoine, ils ont malheureusement en commun de méconnaître autant les unes que les autres les rudiments d’une éducation financière : 82 % des femmes et 70 % des hommes déclarent n’avoir pas ou peu de connaissances en matière de produits financiers. Et la moitié n’avoir jamais reçu de conseils de gestion de la part de leur banquier !

 

Les français ne sont pas des financiers

 

Les constats qui interpellent fortement s’enchaînent : seuls 49 % des Françaises et des Français savent ce qu’est un PER, un SICAV ou en encore un PEA … Conséquence inévitable de ces lacunes, très peu de salariés possèdent des placements : 37% déclarent posséder une assurance-vie en euros, 21% un Plan Épargne Retraite et 16% des femmes (contre 22% des hommes) possèdent un PEA.

 

Ainsi, ces freins ont pour conséquence que seulement un tiers des français épargnent pour leur retraite, citée par seulement 14% des hommes et 11% des femmes comme première motivation d’investissement.

 

Et le plus paradoxal dans les chiffres de cette enquête, c’est que sur les 31,2 Millions de français au travail, qu’ils soient indépendants ou salariés, seuls 42% des femmes et 49% des hommes déclarent connaître leur « valeur salariale », et 41% seulement se disent à l’aise pour négocier lors d’un entretien d’embauche, et 44% pour défendre une augmentation.

 

Comment parler d’argent ?

Arrivé à ce stade de votre lecture, vous vous êtes certainement pris à songer au coût individuel de ces complexes par-rapport à l’argent, et peut-être même vous êtes-vous dit : mais c’est effroyablement vertigineux ! Alors, que faire si vous souhaitez passer en mode pro de la négociation, et mettre un tigre dans votre audace en matière de négociation salariale ?

 

Tout d’abord, peut-être que baser le départ de votre réflexion sur le salaire que vous touchez actuellement n’est pas la bonne méthode, car celui-ci ne dit certainement pas avec exactitude ce que vous valez. Or « combien je vaux ? » reste la grande question et le bon levier de rééducation à l’argent et de motivateur de confiance en soi. Et figurez-vous qu’il est possible de s’autoestimer avec logique et objectivité, car nous avons tous une valeur qui dépend de nos expériences et de l’industrie dans laquelle nous évoluons.

 

Connaitre son quotient économique et social est calculable ; Interrogez-vous :  Vous êtes très certainement, et contrairement au proverbe qui avance que nul n’est indispensable, le moteur d’une contribution au sein de l’entreprise ou d’un projet.

  • Avez-vous un savoir-faire qui ne peut pas être automatisé, ou rare ?
  • Qu’apportez-vous comme compétences, que ce soit pour générer des revenus, élaborer un produit, ou encore un service ?

 

Et souvenez-vous : les employeurs paient pour des compétences et faire connaître vos réalisations en ne les minorant pas est un atout décisif ! Alors préparez-vous, connaissez vos faits et vos chiffres sur le bout des doigts, car la peur de s’enliser dans des chiffres incorrects ou non maîtrisés peut bloquer toute votre énergie combattive en entretien de négociation.

 

Connaissez-votre valeur !

 

Et puis, et c’est là un conseil en or : comparez-vous ! Cherchez à connaitre la valeur des autres, discutez, échangez, en un mot faites votre benchmark perso ! Et petit truc à connaitre, ajoutez 20% à ce que l’on vous annonce, car vos interlocuteurs, en bons français gênés pas ces questions, auront sûrement fourni une réponse à la baisse !

 

Voilà votre nouveau mantra : Vous êtes une valeur ajoutée ! Répétez-le-vous ! Cela vous donnera l’assurance du profil « super bankable » comme le disent nos amis Américains, nettement moins fébriles que nous sur la question de l’argent. Et enfin, avant de lancer votre négociation, travaillez votre désirabilité en allant faire un tour chez un chasseur de têtes, ou en passant des entretiens à la concurrence, même si vous n’avez aucune intention d’aller voir ailleurs ! Vous voilà devenu votre propre agent, en avant pour la meilleure négociation de votre vie ! Good Luck !

Source : IFOP

Oser parler d'argent avec son entreprise

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