Pour recruter dans un monde toujours plus mobile, plus concurrentiel, plus technologique, les entreprises ont plus que jamais besoin d’innover pour s’adapter. Dans ces conditions, la pensée critique, la capacité à franchir les lignes sont des compétences clés.
L’entreprise découvre que les collaborateurs au profil différent, jugés « impertinents », capables de penser en dehors des cadres, sont précieux pour relever les défis auxquels elle doit faire face. Une personne « impertinente » challenge son organisation et son équipe : de l’agricole à l’hôtellerie, en passant par l’agroalimentaire, l’innovation dans ces secteurs prend de multiples formes et s’exprime de différentes façons : techniques, managériales, technologiques… Dans le secteur agroalimentaire, l’innovation des procédés, de l’organisation du travail et du marketing est présente chez 66% des entreprises contre une moyenne nationale de 59%.
Savoir exprimer l’impertinence
L’entreprise, dans ses recrutements, a sa part de responsabilité dans la façon d’accueillir le point de vue des impertinents. Ce n’est pas facile tant la priorité donnée au consensus domine encore la culture des organisations. Or le consensus casse les formes de débats trop abrupts, écrase dans l’œuf la contradiction et finalement impose une forme de silence.
Les recruteurs, internes ou externes, ont un rôle particulièrement important à jouer : ils sont en contact avec les candidats et les entreprises. Ils anticipent les besoins du marché et sont à même de définir les futurs recrutements de ces profils « impertinents » pour accompagner le développement de l’entreprise.
De son côté, l’impertinence est souvent difficile à recevoir. Elle impose, côté manager et côté impertinent, d’apprendre à gérer positivement les désaccords sans abîmer la relation. Le souci de rester en lien avec l’autre, collègue ou manager, est décisif pour que l’impertinence soit perçue dans un esprit de construction dans le respect des positions des autres. Aussi, la gestion des émotions est cruciale pour garantir des échanges sains et durables entre l’impertinent et son entreprise.
Accueillir l’impertinence au sein de l’entreprise
Intégrer l’impertinence au sein d’une organisation est délicat, car il faut inventer un nouvel équilibre entre le lien hiérarchique et les possibilités d’expression : certains secteurs comme l’hôtellerie ont déjà pris l’habitude de développer des innovations managériales et d’organisation comme la semaine de 4,5 jours.
Les personnes qui travaillent en R&D dans l’agroalimentaire ou le secteur agricole ont également le pli de remettre en question l’existant afin de trouver de nouvelles solutions en lien avec le contexte de l’entreprise et de ses clients : protéines végétales, réduction de la consommation d’eau ou d’énergie.
Pour y parvenir, la création d’espaces de liberté au sein de l’organisation, qui puisse accueillir l’impertinence, mieux accepter l’ouverture et la divergence peut être une clé. L’impertinent pourra ainsi se faire entendre, être reconnu pour ce qu’il a à dire et faire bouger les lignes.
Ces articles pourraient vous intéresser
Coaching de dirigeant : à quel moment l’entreprise a-t-elle intérêt à financer un accompagnement exécutif ?
Le coaching de dirigeant (ou coaching exécutif) est souvent présenté comme un investissement dans le développement du potentiel. Cette approche est juste, mais elle reste incomplète. Pour un directeur général, un DRH ou un membre du conseil d’administration, la véritable question est plus stratégique : dans cette situation précise, est-ce le bon levier ? Et […]
Devenir manager de transition : quelles qualités pour réussir ?
Devenir manager de transition séduit de nombreux cadres dirigeants en quête d’indépendance, de nouveaux défis ou d’une autre manière de valoriser leur expérience. Mais ce métier ne constitue ni un prolongement naturel du salariat, ni un simple plan B. Dans un marché plus sélectif, les entreprises recherchent des profils capables de comprendre vite, d’agir dans […]
Former ses équipes RH au recrutement : ce que ça change vraiment sur la qualité des décisions
Dans la plupart des entreprises, managers et équipes RH recrutent sans avoir été formés à conduire un entretien structuré. Les entretiens s’appuient sur des trames existantes, des habitudes, une intuition personnelle et rarement sur une méthode éprouvée d’évaluation des compétences. Le résultat : des décisions parfois influencées par des impressions ou des ressemblances plutôt que […]