Depuis avril 2021, le bio connaît un ralentissement très net. Toutes surfaces confondues, la croissance des ventes en bio ne cesse de diminuer depuis 2015 (de +15% à +12% sur la période 2015-2020).
En France, si le bio a déjà connu des coups d’arrêt par le passé, il pourrait effectivement moins séduire les ménages qu’auparavant. Comment l’expliquer ?
 Les consommateurs semblent se tourner davantage vers le local et l’équitable,
– Un marché dont l’offre ne cesse de se développer, mais pas toujours de manière qualitative, avec notamment des produits marqués bio mais dont les recettes pourraient être discutables,
– De nouveaux labels de type HVE (Haute Valeur Environnementale) qui apportent de la confusion sur la valeur du label bio,
– Des doutes émergent sur le bio et son impact sur la santé,
– Un écart de prix est de +25-50% en France entre les produits bio et les produits non bio, ce qui constitue un obstacle, notamment en période d’incertitude économique.

Côté emploi, le bio offre de multiples opportunités depuis une dizaine d’années (une progression cinq fois supérieure entre 2012 et 2017) avec une hausse du nombre d’entreprises à tous les stades de la chaîne alimentaire : on dénombre 201 000 emplois en lien avec l’agriculture biologique en 2020, données les plus récentes.

Alors, comment rétablir la croissance pour le bio, qui paraît réellement être une meilleure façon de produire l’alimentation ?

– Prendre le temps de communiquer au consommateur sur ce qu’est le bio, sa valeur ajoutée pour la santé notamment, ses imperfections aussi et rationaliser les labels,
– Rassurer et expliquer ses démarches chez les « pure players » notamment,
Garder de la proximité avec les producteurs, notamment par la construction de filières et avec des produits qui se doivent de rester bio et bons (essentiel dans l’alimentation !),
– En recrutement, il est essentiel pour les marques « de conviction » de s’entourer de collaborateurs convaincus et passionnés, qui sauront faire rayonner leur approche du bio.

La nouvelle règlementation européenne offre de belles perspectives. Dès cette année, les producteurs des pays tiers devront dorénavant respecter les mêmes règles (règles d’importation plus contraignantes, étiquetages plus clairs, allongement de la liste des produits bios) une concurrence équitable entre les producteurs des États membres de l’Union Européenne et offrir aux consommateurs une harmonisation des normes de qualité des produits biologiques commercialisés dans l’espace européen (que ces produits soient produits dans l’UE ou non).