On le sait bien, le bio n’a jamais été répandu et promu aujourd’hui qu’en Allemagne. En effet, si la tendance est aussi forte outre-rhin, c’est bel et bien grâce aux pouvoirs publics d’une part, aux consommateurs d’autre part.

L’Allemagne n’est pas le premier marché européen du domaine (nous sommes les 2èmes) pour rien. Les producteurs de bio ont en effet la main large : la surface consacrée à l’agriculture biologique a quasiment été multipliée par 2 entre 2001 et 2011, de 546 000 à plus d’un million d’hectares – soit 6,1% des surfaces cultivées en Allemagne. Pas question de s’arrêter en si bon chemin : le programme présenté au printemps dernier par le gouvernement fédéral vise 20%.

Pour poursuivre ce développement, les contrôles des produits bio issus de la zone euro ainsi que les produits importés vont être soumis à des normes plus strictes à l’échelle européenne. Une promotion des engrais et semences pour la production biologique sera renforcée. Sera aussi encouragé l’approfondissement de la recherche sur les aliments protéagineux alternatifs. Un cadre plus strict sera mis en place pour faciliter la protection des plantes en agriculture biologique. Les producteurs vont aussi bénéficier de formations et d’investissements spécifiques pour poursuivre et renforcer leurs normes d’hygiène. Les entreprises de production bio auront plus facilement accès à du consulting spécialisé. Plus de places dans les écoles spécialisées en agriculture biologique seront délivrées. De manière plus large, une coopération entre les différents acteurs du bio, du producteur, au consommateur en passant par les magasins, sera renforcée. Autant de propositions pour l’avenir du bio qui ont de grandes chances de plaire aux Allemands.

Et l’adhésion du consommateur lambda – nous disons bien lambda car le bio est accessible à bas prix dans n’importe quel supermarché de quartier – est plus marquée que jamais. Pas moins de 3 Allemands sur 4 et 75% des jeunes de moins de 30 ans affirment acheter des produits bio.

Les labels de qualité renforcement leur sentiment de confiance envers les produits bio. Ils sont aujourd’hui au nombre de 8, dont Demeter, largement représenté et valorisé au salon européen dédié au bio organisé à Nüremberg, Biofach, auquel l’équipe LeaderIA a participé.

Paradoxalement, la demande est supérieure à l’offre et l’Allemagne est obligée d’importer du bio. Espérons dons que les mesures à prendre permettront d’accroitre le nombre de producteurs et de réguler cette croissance à deux vitesses.